VISUTECH - Association dédiée à la déficience visuelle.
(Pour une meilleure adaptation aux nouvelles technologies, une simplification, une aide à la prise de décision).
La maîtrise de l’information est dans nos sociétés un enjeu majeur des rapports sociaux, aussi bien pour les collectivités que pour les individus. Il est maintenant possible pour la personne déficiente visuelle de conquérir petit à petit son autonomie culturelle. L’invention du braille, dans un premier temps ; les supports sonores apparus avec le magnétophone, dans un deuxième temps ; et aujourd’hui l’informatique, Internet, … sont les 3 grandes étapes qui autorisent aujourd’hui l’accès à cette autonomie culturelle. La numérisation de l’information permet aux personnes handicapées un accès direct à l’information sans traitement préalable.
Le challenge pour nos sociétés consistera donc à favoriser cet accès à l’autonomie culturelle pour toutes les personnes handicapées, entre autres :
- adapter les outils pour accéder au monde numérique,
- faire des offres logicielles, matérielles plus professionnelles,
- surveiller et orienter l’accessibilité d’Internet,
- rendre l’Internet public encore plus accessible,
- repenser l’offre de formation,
- …
Bien que cette volonté soit évidente aujourd’hui au travers des priorités nationales, voire européennes, le risque d’exclusion pour la personne handicapée est à ce jour réel à court terme. Si elle n’accède pas à la formation aux technologies de l’information, le risque de fracture numérique accentuera les problèmes des personnes déficientes visuelles par exemple. Ces personnes courent donc le risque d’être doublement exclues.
Où en sommes-nous aujourd’hui ? Quels sont les réels problèmes ?
Une offre aujourd’hui insuffisante et inadaptée :
Les différentes enquêtes réalisées (voir sources ci-après) révèlent aujourd’hui qu’en terme de :
a) accompagnement scolaire :
- en école primaire, collège ou lycée l’offre de formation pour une adaptation des personnes handicapées aux nouvelles technologies est pratiquement inexistante. Dans ces lieux, où toutes les volontés concourent à vouloir intégrer les jeunes sans discrimination, l’intégration positive reste utopique sans cet accompagnement.
- en milieu universitaire, la mise en place du LMD impose à tout étudiant une formation aux nouvelles technologies (Le SCII est devenu obligatoire en première année). Le « Tout Info » est devenu une réalité. Là aussi aucun accompagnement prévu.
(Le manque de connaissance informatique peut accentuer et aggraver leur situation déjà difficile sur le plan de l’insertion sociale et professionnelle)
b) accompagnement « tout au long de la vie » :
- Quelques offres de formations existent néanmoins. Ce sont les offres sporadiques des fournisseurs de matériel spécialisé, des associations telles l’AVH, GIAA (bénévoles), et bien sûr les offres de formation de droit commun.
Il ressort des différentes enquêtes que :
o les formations ne sont pas assez généralistes,
o elles sont jugées de qualité médiocre, mal adaptées, car sans recherche d’outils pédagogiques spécifiques, sans recherche d’adaptation à l’handicap (il existe une pénurie de professionnels spécialisés, polyvalents et handicapés),
o le nombre de cours de formation proposés est nettement insuffisant par rapport à la demande sans cesse croissante,
o elles sont globalement trop courtes,
o l’offre actuelle de l’état (GRETA, AFPA, …) est jugée trop élitiste car les tests d’entrée ne sont pas adaptés,
o les lieux de formations ne sont pas toujours accessibles,
o les prestations de service des fournisseurs de matériels informatiques spécialisés sont insatisfaisantes :
§ médiocrité des services qui accompagnent les produits ( /adaptation, /maintenance, /suivi, / formations),
§ faiblesse de la Hot-line,
§ dans une logique commerciale, il n’y a pas d’approche en terme d’analyse de la demande. La personne handicapée qui n’a pas de connaissance informatique générale se voit imposer par le fournisseur un type de matériel, qui n’est pas forcément en adéquation avec ses réels besoins. De plus, les formations qui lui seront proposées tendront à le fidéliser. L’utilisateur deviendra dépendant du premier produit qu’il touchera (effet de filière, qui freine l’introduction de l’innovation).
§ aucune évaluation des formations n’est faite en centre.
Ce que la personne handicapée souhaite :
o formations de base et non spécifiques bureautique,
o la formation doit être continue, renouvelée à intervalles réguliers pour assimiler les évolutions des techniques de l’information et de la communication,
o la formation doit s’effectuer en milieu scolaire depuis le plus jeune âge et de façon continue,
o acquérir des compétences informatiques de base pour augmenter les possibilités d’accéder aux formations continues de droit commun,
o les offres de formations spécifiques bureautique doivent tenir compte de l’handicap et proposer des supports pédagogiques adaptés,
o … .
Sources : - Rapport de Bernard Descargues (sur mission de Martine Aubry) , L’accessibilité des nouvelles technologies de l’information et de la communication aux personnes aveugles et malvoyantes. Juillet 2000,
- Publications Projet EATT, en partie financé par le programme européen Léonard de Vinci,
- CREAI Lorraine, Les colonnes d’Epsos n° 91, Besoins et attentes des personnes déficientes visuelles en Lorraine. (Etude menée sur 876 adultes déficients visuels résidant en Lorraine).Novembre, 2003,
- CREDOC, Sortir du chômage quand on est handicapé. Mai, 2004,
- DGEFP / DREES, La population handicapée, Les décisions COTOREP. Juillet, 2003,
- ASDO Etudes, Synthèse Etude sur la trajectoire socio-professionnelle des personnes atteintes de déficience visuelle. Janvier, 2004
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Conclusion :
L’offre de formation actuelle n’est pas assez professionnelle : elle ne tient pas compte des spécificités de chaque handicap. Si il est admis que l’individualisation soit une pédagogie souhaitable dans le cadre de l’enseignement en général, il est nécessaire de transposer cette logique au public handicapé . Il faut comprendre et admettre que les potentialités des personnes handicapées puissent être différentes si l’on veut répondre à leurs attentes spécifiques. La demande est réelle, nous pouvons répondre à cette demande; aussi, ce projet est réponse à cette volonté nationale, communautaire, qui tend à réduire, à supprimer toutes les formes de ségrégation.